Je ne vous oublierai jamais

Vous connaissez cette impression de ne pas être née à la bonne époque? De rêvasser ou d’aimer des choses du passé sans savoir pourquoi? De ressentir une certaine nostalgie envers un souvenir qui nous habite, mais qui ne nous appartient pas?

Les vacances de Noël m’avait permis de passer beaucoup de temps en famille. J’étais avec ma sœur et ma mère autour de la table, quand mon père sorti trois grands sacs remplis de photos de famille. Certains clichés regroupaient des personnages dont je n’ai jamais connu l’existence ni même entendu parlé.

 

À force de les empiler une à une, j’avais l’impression de me retrouver dans l’une de ces époques où les vinyles d’Elvis jouaient à tue-tête et où on pouvait entendre « I will always love you » de Dolly Parton.

Beaucoup de photos regroupaient mes grands-parents dont je n'ai jamais eu la chance de connaitre. Les speedos chez les hommes étaient un mœurs, tandis que les femmes arboraient fièrement de grandes coiffures bouclées dont je pouvais sentir l’odeur du fixatif jusqu’ici.

J’ai ensuite retrouvé des photos de couples, d’anniversaires, de mariages ; de gens heureux. Les photos me rappelaient que l’amour est quelque chose qui évolue, dont je pouvais m’en imprégner. J’avais les yeux figés devant tous ces moments qu’on me déployait comme une bobine de film.

Chacun crée ses propres souvenirs et l’amour à une époque avait existé, s’était éteint, ou avait progressé. Mais il n’avait jamais été quelque chose de constant ou de figé.

Dernièrement, j'avais retrouvé une photographie de mon ex-copain et moi. Tous les deux âgés de 16 ans et très mal à l’aise devant la caméra. Étonnamment, j’ai ressenti un peu de nostalgie envers un moment qui m’était un peu flou, mais qui me rappelait le son que faisaient ses doigts lorsqu'il jouait de la guitare.

Tous ces souvenirs continuaient d’étampés mes mains. Je pouvais maintenant entendre « Darling you send me » que fredonnait Sam Cooke en contemplant mon grand-père qui caressait la joue de ma grand-mère.

 

Je ne sais plus qui ils étaient vraiment, quel jour ou quelle année c’était, ni leurs surnoms ou leurs manies. Je n’ai jamais fait partie de ces fêtes un peu arrosées ou de ces après-midis à la plage rehaussant vaguement les teintes huilâtes et bronzés de leurs peaux.

Je n’ai rien connu de tout ça, mais l’amour existe par le regard que l’on se fait de l’amour. Il existe maintenant et il continuera d’exister. Mais l’amour c’était eux, et je ne les oublierai jamais.  

 

Lysa

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés